esa - the sea and the silence

esa | deezer | tympanik audio 2008

Si de nombreux projets techno-indus ont su faire évoluer le genre bien au-delà de la simple machine à faire hocher les têtes telles ces stupides marionnettes canines à l’arrière des voitures, aucun n’avait encore été aussi loin qu’ESA. L’apparente simplicité de leur musique ne rend que plus inexplicable la puissance qu’elle dégage. Tous ceux qui ont eu la chance d’écouter "The Sea & The Silence" ne pourront que difficilement vous décrire leur expérience, si ce n’est par un définitif : “ça tue !”. On tente en vain de comprendre les mécanismes et l’on ne peut que constater les effets dévastateurs de cette substance électronique.

Bien sûr, on peut disséquer les techniques. On s’aperçoit alors que la linéarité des rythmiques est une fausse impression et qu’elles sont en perpétuelle évolution tout en restant fidèle au schéma originel. Ainsi le beat s’intensifie au fur et à mesure, se complexifie, sans jamais perdre de sa substance. Je ne parle même pas de leur science du cut ou de l’usage maîtrisé des effets qui animent la bête. Des changements constants d’atmosphère. De l’incorporation de chants, allant du digital hardcore au dark-folk, donnant à certains morceaux l’efficacité d’une chanson pop dont on ânonnera le refrain. Des astuces judicieuses comme l’interversion des sons, les instruments s’échangeant leurs partitions rythmiques de telle sorte que tout change alors que rien ne change. A chaque écoute, vous tenterez de naviguer dans le bouillon de cette alchimie pour à chaque fois passer par-dessus le bastingage de votre analyse.

Et vous échouerez dans cette mer déchaînée, ballotté par le flux et reflux des vagues. Vous serez aspirés vers le fond, emmurés dans le silence des profondeurs, puis propulsés vers la surface, assourdis par la houle se fracassant sur le récif. The Silence viendra alors vous offrir un radeau de fortune sur lequel reprendre quelque peu votre souffle avant la prochaine déferlante. Mais vous vous rendrez compte que vous ne pouvez lutter contre le vaste océan. Bientôt, épuisé, vous vous laisserez envoûter par le chant des sirènes. Vous sombrez à présent, tandis que vous admirez la surface tumultueuse et scintillante s’éloigner. Et votre dernier souffle s’échappe en un ballet de bulles virevoltantes.

Vous avez raison, j’aurais pu tout aussi bien dire que le nouvel ESA “tue”, littéralement.

Lost in translation by Riotmiloo :

Although numerous techno industrial projects pushed the genre further than a simple "nodding-head machine" like those stupid dog puppets found on the back of cars, nobody went as far as ESA did. The apparent simplicity of his music hardly defines the power that comes out of it. Anyone lucky enough to have listened to The Sea & The Silence will struggle to put words on his experience apart from a: "it blows me away". We try in vain to understand its mechanisms only to see for ourselves the crushing effects of this electronic substance.

Of course we can dissect the techniques. We realise then that the rhythms linearity gives a wrong impression as they evolve perpetually while staying true to the spirit of the original pattern. The beat escalates and gets more complex without ever losing any substance. I am not even mentioning his "cut science" or mastered use of effects to give life to the beast or his constant atmospheric changes and the incorporation of the singing. From digital hardcore to dark-folk, he brings to some tracks the efficiency of a pop song, which chorus we will hum. He also uses judicious tricks such as sounds inversion, musical instruments swapping their rhythms so that everything changes although nothing does. At every listening, you will try to navigate through the broth of this alchemy and at each time, you will fall over board trying to understand.

And you will be swallowed up by this wild sea, tossed about by the flood tide and the ebb tide of the waves. You will be sucked in, touching the bottom of the seabed, caught in the silence of the depths and then resurface, deafened by the heave crashing against the reef. The Silence will then come to offer you a makeshift raft on which you will catch your breath a bit before the next breaker. Soon you realise that you don't stand a chance against the vast ocean. Soon, worn out, the mermaids singing will captivate you. You will now sink while contemplating the stormy and twinkling surface fade away. And you will let out your last sigh in a ballet of twirling bubbles.

You're quite right, I could have said as well that the latest ESA literally "blew me away".

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