raoul sinier - huge samurai radish

spotify | deezer | ad noiseam 2007

Il y a des années de cela, je me trouvais à un vernissage en Corse. Le peintre peignait des paysages lunaires, galactiques, dans lequel évoluait un radis. Radis volant, radis comète, radis martien. Je m’étais dit qu’il fallait qu’il arrête de manger des racines celui-là, très loin de m’imaginer qu’une décade plus tard, je serais à nouveau confronté à l’improbable bulbe.

Avec Raoul Sinier, le radis a muri et, après avoir exploré les confins du cosmos tel un surfer d’argent végétal, éprouve le besoin de retourner à ses racines asiatiques et devient Samouraï. Et il a tant de choses à raconter que vous humains ne pourriez croire.

La musique est encore plus insolite que le titre de son album, ou même des explications que l’on chercherait à lui donner (il va sans dire que je vous rapporte la véritable histoire, fruit d’une longue investigation). Se côtoient des rythmiques breaks complexes, marque de fabrique du label Ad Noiseam, à des mélodies rétro, mélancoliques, inédites, astucieusement bancales ou fausses … on ne sait pas trop au fond, et c’est un délice. Comme de se perdre dans une forêt magique à la flore exubérante où l’on rencontrerait de magnifiques aberrations de la nature.

Le souffle des instruments ajoute à cette magie. Des orgues trouvés à la cave, un piano désaccordé, des violons joués faussement faux. Même la rythmique schizophrénique semble réelle. On reste dans l’organique, dans le concret, et ce que l’on peut toucher nous touche. On est amusé, ému, boulversé, comme si on venait d’ouvrir les oreilles pour la première fois. Et les remix sont là pour démontrer que cette musique touche à l’universel, détournée de façon pop-rock à la Shane Cough (un des meilleurs titres de l’album carrément), rap us ou français, breakcore ou transe, le radis ne perd rien de sa verve, bien au contraire.

Vous pouvez ranger Alice au pays des merveilles, dorénavant c'est l’incroyable radis samouraï qui trônera sur votre table de chevet.

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